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PHILIPPE LE BEL de Jean Favier éditions Fayard 2008

25 février 2026Mes coups de cœurMarc

Jean Favier, l’auteur de Philippe le Bel, né en 1932 est mort en 2014. Il est l’un des grands médiévistes de son temps. Le site L’écrivain des passions voulait lui rendre hommage. Il a été conservateur aux Archives nationales, professeur aux universités de Rennes, de Rouen et de Paris-Sorbonne, directeur général des Archives de France, président du Conseil international des Archives, président de la Bibliothèque nationale de France, membre de l’Institut et président de la Commission française pour l’Unesco.

Auteur de plus de vingt ouvrages, dont La Guerre de Cent Ans, François Villon, Les Grandes Découvertes, le Dictionnaire de la France médiévale et Paris (Fayard), il est un historien écrivain incontournable. Ses livres resteront à tout jamais des références de cette période de l’Histoire que l’on nomme médiévale.

Ce qu’en dit la critique

Babelio (un commentaire parmi de nombreux) : « Philippe IV le Bel (1268-1314), c’est le roi de l’argent, dès son accession au trône en 1285. Marié à Jeanne de Navarre, il accroît son royaume de la Champagne et de la Navarre. Et immédiatement, il cherche les moyens de renflouer sans cesse ses caisses, car les dépenses qu’il engage sont énormes. Et, très vite, il trouve de puissants soutiens auprès des banquiers toscans Albizzo (familièrement appelé Biccio ou Biche) et Musciato (ou Mouche) Guidi Dei Franzesi, qui lui consentent un prêt de deux cent mille livres en 1294. Ces derniers siègent même à son conseil, ils l’aident à réclamer aux villes et aux Juifs des contributions fiscales « extraordinaires » et lui soufflent en 1295 l’idée de retirer au puissant ordre des Templiers le contrôle du Trésor royal et de le confier à ses propres agents et officiers. L’influence de Biche et de Mouche va aller en grandissant. Quand Philippe se lance dans un vaste programme d’imposition du clergé et quand le pape Boniface VIII s’insurge contre cette politique en brandissant une menace d’excommunication, Biche et Mouche poussent Philippe à réagir très vite et à faire peur au souverain pontife en faisant intervenir des hommes en armes chez ce dernier, à Anagni, le 7 septembre 1303. De même, quand le roi part faire la guerre en Flandre en 1302, et qu’il est battu à Courtrai, les deux hommes trouvent rapidement les moyens de préparer de nouvelles opérations et ce sera le demi-succès de Mons-en-Pévèle en 1304 et un traité qui permettra au roi de France de se donner comme gagnant de cette deuxième entreprise militaire contre les Flamands. le 22 juin 1306, c’est sur les conseils de Biche et de Mouche que des milliers de Juifs sont expulsés du royaume et que leurs biens sont spoliés. Biche et Mouche auraient fait faillite la même année, et Philippe le Bel n’aurait pas levé le petit doigt pour eux, mais ils auraient très vite été remplacés dans la confiance du roi par les Peruzzi. Vient ensuite le tour des Templiers, qui sont arrêtés dans leurs commanderies, le 13 octobre 1307, sur un ordre transmis aux sénéchaux et aux baillis. Les chevaliers du Temple étaient les rivaux des banquiers et marchands toscans et lombards sur les places financières de l’époque. Les biens des Templiers sont mis sous séquestre puis cédés aux Hospitaliers, mais cette opération n’empêche pas le roi de s’attribuer une part du gâteau, et l’on dit parfois que le roi aurait réussi à détourner à son profit une somme de deux cent mille livres avant l’exécution des principaux dignitaires de l’Ordre en 1314. En 1309, les Lombards, à qui le roi doit des sommes colossales mais qui n’a pas les moyens de rembourser sa dette, sont chassés de France à leur tour, avec confiscation de leurs biens. Tout était bon, on le voit, pour se faire de l’argent. Une autre manière de financer les projets de Philippe le Bel fut de jouer sur le poids et la valeur des monnaies, en faussant la teneur en métal précieux, en introduisant de nouvelles espèces, en dévaluant les monnaies en circulation. Philippe fit flèche de tout bois pour arriver aux résultats qu’il se fixait et faire rentrer le plus d’argent possible. Pourquoi croit-on qu’il s’entoura de légistes comme Marigny, Nogaret et Plaisians, et aussi de banquiers qui pénétrèrent jusque dans son conseil ? L’argent est bien la clé d’explication de l’action de Philippe le Bel et de compréhension du personnage. Et c’est bien sous cet angle que Jean Favier a conduit tout son travail, qui ne pouvait pas qu’être une biographie ordinaire. Il faut prendre le temps de lire cet ouvrage pour prendre la mesure de son importance.

François Sarindar, auteur de : Lawrence d’Arabie. Thomas Edward, cet inconnu (2010)

L’affaire Herbefol.com – extraits « (…) Un gros morceau de l’ouvrage est aussi consacré aux relations avec l’institution papale. Les confrontations avec Boniface VIII sont récurrentes et ce dernier a de grandes ambitions pour le monde chrétien et en premier lieu la France. Philippe le Bel lutte clairement pour garder un maximum de contrôle sur son pays et sur l’église catholique française. On voit là aussi toute la complexité de l’échiquier politique européen de l’époque : un roi d’Angleterre dont le fils va devenir le gendre du roi de France, un pape en lutte contre l’empereur du Saint-Empire Romain Germanique, une péninsule italienne éclatée entre cités gibelines et guelfes, un frère du roi à la recherche d’un trône, une croisade que l’on prétend préparer mais à laquelle pas grand monde n’a réellement envie de participer, etc. L’affaire du Temple n’est évidemment pas oubliée. Si la saga des Rois maudits de Maurice Druon en a fait un élément clé de son récit, ce n’est pas pour rien. Le roi cherche à faire le ménage dans son royaume et Favier montre qu’il n’y a cependant pas là la simple mainmise sur un trésor, d’ailleurs pas vraiment existant. Les tractations pour juger les templiers puis faire dissoudre l’ordre, avec un pape qui entre temps a changé et dépend en partie du bon vouloir du roi de France pour exister, les retournement de situation, les maladresse de Jacques de Molay, grand-chef de l’ordre, etc. L’affaire est abondement présentée, avec moult détails. L’auteur cherche clairement à s’éloigner des images propagées par la légende et à préciser ce que l’on sait, de façon plus ou moins avérée, sur cette histoire. » Sur l’affaire de « l’attentat d’Anagni », qui met fin au règne de Boniface VIII. Favier est précis dans les causes qui mènent à l’événement, il écarte les images d’Épinal et reconstituent le déroulé de l’action. Cette séquence prend presque des airs de thriller, avec un Guillaume de Nogaret qui navigue entre partisans et opposants du pape pour parvenir à lui livrer, avant la fin d’un véritable compte à rebours, une notification venant du roi. C’est carré sur le plan historique et pourtant c’est prenant. Comme quoi, on peut respecter l’histoire et amener une pointe de tension digne d’une œuvre de fiction (…). »

La quatrième de couverture…

On ne compte plus les clichés, les légendes, les fausses énigmes dont Philippe le Bel continue à être l’objet ou le prétexte. Les énigmes vraies sont bien suffisantes. Car il en est à chaque détour de la recherche. Le roi en est une à lui seul, et la première de toutes. Froid calculateur, timide, pauvre homme ballotté ? Son silence est-il habileté, refuge ou abdication ? Sa foi est-elle cause première ou prétexte ? Son amitié est-elle fidélité ou favoritisme ? Le gouvernement est une deuxième énigme. Roi de fer et hommes de paille ? Prince sage et conseillers avisés ? Jeu subtil de la compétence et du pragmatisme. Chacune de ces « affaires » dont est faite l’histoire du règne est en soi une question : Pourquoi les Juifs ? Pourquoi le Temple ? Pourquoi la dévaluation ? Même si l’on met de côté les images traditionnelles, quel drame que cette lutte du roi chrétien et du Souverain Pontife ! Quel drame que cet effondrement d’un ordre naguère respecté d’Orient en Occident ! Quel drame que cette fièvre qui s’empare du marché monétaire et qui fait connaître à la France, pour la première fois, dans le même temps, l’inflation galopante et l’instabilité des valeurs !

Extraits : page 9

(…) « Parce que l’un est rançonné à Mansourah et que l’autre envoie son bailli planter la bannière de France sur le château de Gand, parce que l’un rend la justice sous le chêne de Vincennes et que l’autre organise et fixe à Paris le Parlement, on a trop souvent opposé un saint Louis encore très féodal et un Philippe le Bel très monarchique. Vision simpliste, qui néglige les progrès considérables qu’à faits tout au long du XIII° siècle la conscience d’une notion d’État, comme elle néglige la naissance en ce même siècle d’une fonction publique distincte du service privé du roi et le renforcement constant du lien de sujétion, qui complète la vassalité sans l’effacer. Roi moderne, certes, Philippe le Bel l’est bien lorsqu’il fait peser sur tous les habitants du royaume l’exigence d’un service militaire – l’arrière ban – ou de son équivalent financier, l’impôt (…). »

Commentaires du site L’écrivain des passions

Le Philippe le Bel de Jean Favier a été mon livre de chevet avant de me lancer dans mon premier roman historique (Le trésor convoité de l’ordre du temple – Persée 2017). Passionnant, complet, analytique, avec une capacité et une exigence de l’historien médiéviste à nous parler du roi de fer, comme du roi le plus moderne de cette période essentielle. Une simple observation : Guillaume de Nogaret tient-il toute la place qu’il mérite ? Comment ne pas évoquer la plus grande opération de police de tous les temps dans laquelle les Templiers sont arrêtés dans leurs commanderies, le 13 octobre 1307, sur un ordre transmis aux sénéchaux et aux baillis.

Marc Fouquet

Mes livres

Le voile opaque des secrets
Spirale du mal
Le crépuscule des papillons
Abraham une voix de paix au Moyen Orient
Le trésor convoité de l’ordre du temple

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