L’Insee a récemment publié ses projections annonçant une situation inédite et historique de la population française après 2037. Au nom de l’Institut, Lou Wolff indique dans les colonnes du Figaro : « Dans une période sans guerre sur notre territoire, nous n’avons pas d’exemple d’une décroissance de la population de cette ampleur. (…) Nous entrons dans un territoire inconnu. C’est un changement vertigineux, qui va plus vite que l’on ne l’imaginait et qui conduit à l’effondrement du modèle social qui a vu le jour après la Libération. » Les perspectives démographiques annoncées vont engendrer d’inéluctables conséquences. Au premier rang de celles-ci : notre pays aura perdu 3,7 millions d’habitants par rapport à 2026, avec une population estimée à 65,9 millions d’habitants en 2070.
Résumé de quelques-unes des principales répercussions du drame qui s’est noué
Si la population augmente légèrement jusqu’en 2037, cette croissance est exclusivement liée au solde migratoire. À partir de là, ce solde ne compensera plus le déficit naturel (solde décès / naissances) et la population diminuera à un rythme moyen de 118.000 personnes/an.
Le taux de fécondité sera en baisse à 1,45 enfant par femme à partir de 2028, contre 1,56 aujourd’hui. Mais un autre scénario émerge, celui d’un taux de fécondité à 1,20 enfant par femme. Dans ce scénario, la population française baisserait, dès 2029 pour seulement atteindre à terme 61,3 millions d’habitants !
L’espérance de vie sera de 89,5 ans pour les femmes (+ 3,5 ans par rapport à 2025) et 86,7 ans pour les hommes (+ 6,4 ans par rapport à 2025). Le nombre de personnes de très grand âge, devrait être multiplié par 4, accélérant la banalisation de cette population et un recours aux soins, exponentiel.
Enfin, le nombre des moins de 20 ans chutera de 45% ! Le nombre d’actifs (entre 20 et 64 ans) baissera de 12 % ! Ainsi, la pyramide des âges se dirige-elle à grands pas vers un resserrement de sa base (population jeune), un évasement de son centre et de son sommet (population âgée).
Par un indéniable effet ciseau, le volume des contributeurs sera moins important, alors que le volume des retraités va exploser…
Doit-on passivement regarder se dégrader encore la situation tempétueuse annoncée à court terme ?
Il est grand temps que les Françaises et les Français comprennent – au-delà des factions, des fractures, des compromissions, des attentes sectorielles, des combinaziones, d’une représentation nationale éclatée, d’un Exécutif à bout de souffle, des opinions publiques – que la France doit se doter d’un nouveau modèle social. L’enjeu est fondamental et doit impacter fortement le choix du candidat ou de la candidate à la présidentielle de 2027. Les clés de la France ne peuvent être données aux bricoleurs, aux idéologues, aux casseurs.
À partir des perspectives démographiques, des réformes de structures doivent être entreprises dans plusieurs domaines hypersensibles : les retraites, l’éducation, la santé (publique et privée), la politique familiale, la maîtrise des flux migratoires …
Mesdames et messieurs les politiques : arrêtez d’ergoter ! La stratégie politique et économique de la France doit être redéfinie. Notre manœuvrabilité économique a totalement disparue. Notre dette est de 3.416,3 MD€ (soit 115,6 % du PIB). Notre charge d’intérêts de la dette publique est de 66,6 MD€ (frais bancaires inclus). Le pire étant de la comparer au montant des crédits Enseignement scolaire à hauteur, eux, de 64,485 MD€. Soit de 2 milliards, inférieurs aux montant des intérêts de la dette !
L’insupportable n’est plus supportable !
Marc Fouquet
Invité permanent de L’échiquier des idées
Écrivain et observateur de notre époque