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Les billets d’humeur

25 février 2026L'échiquier des idéesIan
La fiscalité
Bien-pensance et inclusif !
Atteintes à l’École de la République
Les usages abusifs de la résilience
Empeachment : so what ?
La cybercriminalité menace la souveraineté numérique de la France
La fiscalité
Bien-pensance et inclusif !
La France est profondément marquée par le puissant courant de la bien-pensance, résultante du conformiste dominant. Bien-pensance et politiquement correct ne font qu’un.
Sans se tromper, on peut associer la naissance du terme « bien-pensance » aux mouvements de repentance, de culpabilité historique, de culture de l’excuse.
Les défenseurs de ces courants bien-pensants utilisent contre leurs censeurs (nommés mal-pensants), au mieux des propos moralisateurs, au pire l’arme rhétorique nucléaire destinée à les vitrifier, à savoir : « être contre, c’est être opposé aux droits de l’Homme… »
Nous y voilà ! Mesdames et Messieurs les censeurs, on peut ne pas se laisser conduire par la bien-pensance, autrement dit par le prêt-à-penser, et être profondément reconnaissant aux Lumières d’avoir fondé le courant philosophique moderne de la raison, du savoir et de l’esprit critique.
En défendant ce courant de pensée, on garantit les principes fondateurs de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 et ceux de la Constitution du 4 octobre 1958. Ainsi, je réfute fermement les accusateurs dans ces procès blasphématoires et théologico-politiques !
Tout aujourd’hui, par respect au politiquement correct, doit être inclusif ! Je m’inscris en faux.
Je prétends que la volonté de réduire dans un seul concept des questions aussi essentielles que les personnes défavorisées, les personnes handicapées, l’écriture, les discriminations en tous genres et caetera et caetera, constituent une ineptie !
Retenons dans ce billet d’humeur, le seul exemple de l’écriture dite inclusive.
Ses promoteurs (dans lesquels je vois apparaître des services publics !), prétendent l’imposer comme une norme. Mais de quel droit ? Je me permets, hic et nunc, de publier sur le sujet de l’écriture inclusive un extrait de la déclaration de l’Académie Française, adoptée à l’unanimité de ses membres le 26 octobre 2017 : « La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’induit l’écriture inclusive, aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues.
Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.
Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier.
En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration inclusive, la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures. »
Inutile de vous dire que je suis pleinement en accord avec cette déclaration solennelle.
Avec la généralisation de la bien-pensance et de l’inclusif, on se confond avec la pensée unique qui était, au fond, l’essence du combat engagé par les Lumières contre l’absolutisme.
Marc Fouquet
Invité permanent de L’échiquier des idées, notre nouvelle émission , première diffusion au mois de janvier.
Écrivain et observateur de notre époque

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Atteintes à l’École de la République
Les usages abusifs de la résilience
Je l’avoue : je suis horripilé par l’usage, à tout bout de champ, du mot résilience ! Si, comme je le suis, vous n’êtes pas résilient ou résiliente c’est que vous êtes un être trop superficiel pour comprendre que l’évolution de l’Homme et de la société passe par-là !
Étymologiquement, la résilience du latin resilio, resilere, nous renvoie aux notions de rebond et de retour en arrière. Plus particulièrement, la résilience est la capacité physique d’un matériau à retrouver son état initial à la suite d’un choc ou d’une pression constante. On nous explique dans nombre d’articles conceptuels, foi d’experts, que la signification du mot a beaucoup évoluée. Certes, et c’est bien là tout le problème.
À l’origine donc, le mot résilience est une définition physique inhérente à la valeur caractérisant la résistance au choc d’un métal. On comprend parfaitement que cette définition ait été conceptualisée dans les années 1940 avec les études de René Spitz et Anna Freud à propos d’enfants placés en orphelinats, et ayant vécu des traumatismes pendant la seconde guerre mondiale. Ainsi, la résilience devient, en quelque sorte, la capacité à surmonter des chocs traumatiques. Sa généralisation permet de la définir comme la capacité d’une personne à surmonter les difficultés, à rebondir face aux épreuves et à se réadapter malgré les traumatismes. Pourquoi ne sommes-nous pas restés dans le seul domaine des psychotraumatismes ? Eh bien, la résilience fut étendue aux situations stressantes ! Je laisse aux savants et aux esprits forts le soin d’expliquer clairement ce qu’est une situation stressante, après avoir séparé le bon grain de l’ivraie ! Cependant, si j’en fais l’effort, je suis capable de comprendre que la psychologie est une vaste science et que cette extension est nécessaire, parce qu’il est globalement important d’aider à la diminution de l’impact du stress, de favoriser une meilleure santé mentale et d’améliorer les relations interpersonnelles.
Mais les choses ne s’arrêtent pas là ! Comme souvent, la propension à la généralisation est une porte d’entrée dans le flou et dans l’abus. Pour bien me faire comprendre je retiens, parmi d’autres, deux exemples qui me paraissent être des domaines sociétaux de l’organisationnel.
Il existerait des territoires résilients, c’est-à-dire des territoires confrontés à des crises, pour lesquels il suffirait de les déclarer résilients pour les aider à se relever du traumatisme des multiples et soudaines dépressions (sanitaires, économiques, sociales…) ! Certaines grandes villes allant même jusqu’à instituer une fonction d’adjoint au Maire en charge des quartiers apaisés : une formule de « design politique moderniste, » cachant une réalité plus crue de quartiers insécures minés par les trafics en tous genres. On nous dit que : « Dans une coconstruction plus d’une centaine de propositions existent, parmi lesquelles un calculateur de la résilience, un guide de l’aménagement urbain, une aide à l’utilisation des monnaies libres… et ce jusqu’à la gouvernance… » On croit rêver. Soyons sérieux, il appartient aux élus, aux administrations, aux institutions de ces territoires d’agir avec tous les instruments et actions des politiques territoriales et non d’entretenir les esprits dans un concept « fumeux » et, avant tout, je l’ai dit, psychologique.
On peut même visiter le Haut comité français pour la résilience nationale, installé par les plus hautes autorités de la République. Que nous dit cette organisation ? « Être préparé permet, lors d’une crise, d’aller de l’avant : favorisant « le ruissellement de la connaissance et l’appréhension de la crise ; le Haut Comité offre cette opportunité « d’ouvrir les écoutilles et agit auprès de l’ensemble de la société civile, du plus haut niveau de l’État jusqu’aux acteurs du terrain, qu’ils soient publics ou privés. » N’en déplaise aux concepteurs de ce qu’il faut bien appeler une politique publique : les fruits cultivés par ces laborantins ne me paraissent pas à la hauteur des vrais enjeux de notre économie et donc de notre politique sociale. Sur le concept de ruissellement en économie, on a bien vu ce que cela donnait ! On continue à penser, mais on n’agit pas ! À quoi servent ces machins que nous finançons sur les deniers de l’État ? That’s the question.
Marc Fouquet
Invité permanent de L’échiquier des idées
Écrivain et observateur de notre époque

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Empeachment : so what ?
Impeachment : so what ?
Le Figaro, dans son titre « Ses facultés mentales s’effondrent, » relève que des élus américains invoquent le 25ème amendement pour destituer Donald Trump après ses propos sur l’anéantissement de l’Iran. Pour ces 86 élus démocrates de la Chambre des représentants, la coupe est pleine ! Ils ont demandé au vice-président JD Vance de destituer le président américain. Lorsque l’un d’entre eux – Chris Murphy, sénateur démocrate – déclare : « Si j’étais un membre du cabinet Trump, je passerais Pâques à appeler des juristes constitutionnels au sujet du 25ème amendement. C’est totalement délirant : il a déjà tué des milliers de personnes. Il va en tuer des milliers d’autres. » So what ?
Si le président conduisait les États-Unis comme un grand pays respectueux du droit international et de ses alliés, la question de l’impeachment eût été celle, et uniquement celle, des américains. Mais tel n’est pas le cas. Il est donc normal que nous nous posions la question des chances ou des risques – c’est selon les opinions très tranchées au sujet d’un personnage au comportement pour le moins erratique et maladif – de voir la procédure aboutir. So what ?
Le XXV° amendement de la Constitution des États-Unis, établit que le président peut être déclaré inapte dans la mesure où le vice-président et une majorité des principaux fonctionnaires des départements exécutifs – 8 sur 15, donc – font parvenir au président du Sénat et au président de la Chambre des représentants une déclaration écrite les avisant, que le président est dans l’incapacité d’exercer les pouvoirs et de remplir les devoirs de sa charge. Rappelons qu’après l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy, tombé dans le coma avant de décéder, une section 4 fut rajoutée disposant que : dans le cas où le président est en incapacité intellectuelle d’exercer ses fonctions, le vice-président assure la continuité de la fonction en tant que président par intérim. So what ?
Dans le cas d’espèce, on peut objectivement douter que cette procédure d’impeachment puisse frapper l’actuel locataire de The White House, qui d’ailleurs a déjà connu lors de la 45ème mandature une procédure d’impeachment dans l’affaire du Russiagate, en vain. Donald Trump a, si l’on peut dire, non seulement verrouillé les institutions, mais il a placé ses soutiens aux postes clé, fait régner la peur, assuré de sa détestation une grande partie des pays européens au premier rang desquels, la France, déclaré la guerre économiques aux chinois, bombardé l’Iran…But so what ?
La seule vraie question qui se pose aujourd’hui est : jusqu’où les grands élus américains de tous bords vont-ils laisser faire Trump ?
Marc Fouquet
Invité permanent de L’échiquier des idées

Écrivain et observateur de notre époque

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La cybercriminalité menace la souveraineté numérique de la France

Pas un jour ne se lève sans qu’il n’y ait une cyberattaque alerte le président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat. En novembre, Eurofiber France, fournisseur international d’infrastructures numériques (fibre et hébergement des données) de haute qualité, reconnaît avoir été victime d’une intrusion dans son système. En décembre, a lieu une importante infiltration des données dans laquelle des pirates extraient des fiches du fichier de traitement des antécédents judiciaires. Les administrations publiques sont loin d’être les seules visées. Des organisations comme la Fédération nationale des chasseurs, ou à l’automne, la Fédération française de tir sportif, le sont également. Une cyberattaque massive du logiciel Cogedim (utilisé par 40% des médecins) révélée par le ministère de la Santé fin 2025, a fait 15 millions de victimes françaises, dont 170 000 patients, avec des indications confidentielles sur leur santé et leur situation personnelle. Très récemment, l’Agence Nationale des Titres Sécurisés (ANTS) – gérant entre autres les cartes nationales d’identité, les passeports électroniques et biométriques, les titres de séjours, le permis de conduire -, est hackée. Près de 12 millions de comptes sont touchés. La fuite des données concerne, pour chaque compte : nom, adresse, date de naissance ou numéro de téléphone. Ces informations sont suffisantes pour permettre une usurpation d’identité. Leur réutilisation, débouche également sur le phishing pour toutes sortes d’arnaques par SMS.

Ces quelques exemples récents ne reflètent qu’un tout petit bout de la partie émergée de ce qui devrait constituer un sujet majeur de préoccupation de nos gouvernants. D’autant que la France est devenue – mais nous avons l’habitude des records – le deuxième pays au monde le plus touché par les fuites de données au 1er trimestre 2026. Plus une semaine ne passe sans qu’une entreprise, une plateforme, une administration un service sensible, ne révèle avoir été victime d’une fuite de données ou d’un piratage. Le coût à supporter inhérent aux conséquences de la cybercriminalité est proprement vertigineux et constitue une menace de tout premier ordre. On comprend aisément pourquoi, face à ce phénomène exponentiel des cyberattaques et autres fuites de données, la sénatrice Isabelle Goulet, tout en dénonçant « la France passoire », a demandé l’installation d’une commission d’enquête parlementaire.

Notre vie se joue désormais dans le cyberespace. Des acteurs, des États même, ayant des intentions belliqueuses se livrent à des actes d’espionnage et de déstabilisation qui, pour être cyber n’en sont pas moins criminels. Ils mêlent leurs actions criminelles à notre vie politique, démocratique, institutionnelle, économique et sociale et constituent un danger mortel pour notre civilisation.

Si nous ne prenons pas les mesures ad hoc, la 5G, l’essor du numérique en cloud, l’IA, risquent d’ouvrir des brèches irréparables tout en menaçant l’existence de notre souveraineté numérique.

Marc Fouquet

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